Actualité du dopage



Bernard Sainz s'explique

22/02/2003 - leparisien.fr - Jean-Philippe Gaillard


Si les réactions n'ont cessé d'affluer quant à la présence du Docteur Mabuse dans le staff de l'équipe du VC Beauvais au Tour du Cameroun, le principal intéressé a accepté de répondre à nos questions .

LA PRÉSENCE de Bernard Sainz dans le staff beauvaisien engagé au Tour du Cameroun (...) aura ravivé de bien douloureux souvenirs aux amateurs de cyclisme. Laurent Delafontaine le président du VCBO, le personnage central de ce drôle d'épisode d'avant-saison, s'exprime.

En famille à Annecy, Bernard Sainz, d'ordinaire peu prompt à parler à la presse, nous a donné par téléphone sa version des faits qui l'ont amené à s'afficher avec le VCBO, rompant ainsi avec les conditions de son contrôle judiciaire.

Quels sont vos liens réels avec le club cycliste de Beauvais ?

Bernard Sainz : Aucun. Je n'ai rien à voir avec ce club dont je n'ai jamais vu les locaux, ni même rencontré ou parlé à son président. Et si j'entretiens des relations amicales avec Marc Freze (NDLR : le directeur sportif du club de Beauvais), j'ai, par contre, fait connaissance avec ses coureurs dans l'avion qui nous amenait au Cameroun.

Marc Freze nous a déclaré avoir formulé une demande d'accréditation en bonne et due forme à votre intention pour le Tour du Cameroun afin de « donner un coup de main » à l'ami que vous êtes...

C'est effectivement la seule raison qui explique la solution que nous avons choisie, moi, Marc Freze et Claude-Bernard Messy, le président de la Fédération camerounaise, pour que je puisse apporter ma contribution à une organisation dont c'était la première édition. Je tiens d'ailleurs, à ce propos, à signaler que dans le cadre de mes relations avec Marc Freze, jamais je ne suis intervenu ni n'ai interféré dans son exercice de la fonction sportive qui est la sienne.

Quelle a été votre contribution quant à cette compétition et pourquoi avoir pris le risque personnel de ne pas respecter le contrôle judiciaire qui est le vôtre en mettant, qui plus est, l'image du club de Beauvais en balance ? 

Je n'ai apporté qu'une aide logistique à l'organisateur. Mon apport fut uniquement celui de quelqu'un qui, pour avoir fait cinq fois le tour du continent, connaît très bien les hommes et les institutions africaines. Quant au pourquoi du non-respect d'une décision judiciaire que je qualifie d'absurde, il faut la rechercher dans le désir d'un homme qui entend ne pas se laisser anéantir par une astreinte à sa liberté de circulation alors que le dossier à l'origine de son suivi par les autorités judiciaires s'est vidé de sa substance, sans que le contrôle n'en soit assoupli.

Pour autant, Marc Freze, qui représente le club de Beauvais, et surtout vous, à titre personnel, n'avez pas été des plus adroits... 

L'intérêt supérieur du cyclisme l'exigeait. C'est pour servir cette cause et celle du Cameroun que nous avons usé de cette acrobatie avec Marc Freze. (...)

Vous n'avez donc aucun regret quant aux conclusions que certains peuvent tirer de ce « malentendu » ?

C'est paradoxal, mais je me satisfais d'avoir vu une épreuve comme le Tour du Cameroun sortir de l'anonymat par mon intermédiaire. Comment pourrais-je avoir le regret d'avoir aidé des personnes à promouvoir le cyclisme en mettant mon savoir-faire et mes connaissances à leur service pour une aussi lourde organisation ?

Lire l'article en entier


Cette page a été mise en ligne le 28/03/2016