Actualité du dopage



1999, le Tour à tout prix

11/10/2012 - lequipe.fr


Revenu aux affaires tel un miraculé du cancer, Armstrong n'a qu'une obsession, le Tour de France. Armstrong et Bruyneel mettent alors sur pied une préparation spéciale, relate le rapport USADA rendu public ce mercredi. Accompagné de ses deux lieutenants Tyler Hamilton et Kevin Livingston, Lance Armstrong se façonne un profil de grimpeur sous la houlette de Bruyneel et suivant les précieux conseils du Dr Ferrari. Les trois coureurs forment la « A Team », l'élite de l'équipe et bénéficient à ce titre de tous les avantages qui vont avec et notamment d'une attention particulière de la part du médecin italien.

(...)

Lors d'un camp d'entraînement en Californie, Armstrong pousse son équipier Frankie Andreu à se confier lui aussi aux bons soins du Dr Ferrari. « Il faut que tu sois sérieux », lui explique-t-il. Ce qui signifie dans son esprit, suivre à la lettre le plan de dopage prescrit par le médecin. Andreu aura l'occasion de rencontrer Ferrari quelques semaines plus tard.

Armstrong et Andreu sont en effet à Milan avant la classique Milan-San Remo quand la voiture du premier fait un détour par un parking d'hôtel et station service sur le bord de l'autoroute. Il a rendez-vous avec le médecin italien. Intriguée par ce rendez-vous en catimini, Betsy Andreu demande pourquoi Armstrong ne rencontre pas Ferrari dans le cadre de la course. « Pour que la putain de presse ne le traque pas », répond le Texan qui s'absentera une heure avant de revenir, excité, en s'exclamant : « Mes chiffres sont super ! » Armstrong se moque alors de son équipier qui refuse de suivre le même traitement. Lequel Andreu expliquera à sa femme ne pas vouloir « dépenser d'argent mais surtout ne pas vouloir cette merde dans son corps. » A son amie Betsy qui lui demande ce qu'elle pense de l'EPO, Kristin Armstrong répond que c'est un « diable nécessaire ».

Tyler Hamilton n'aura pas les mêmes scrupules que Andreu. Impressionné par les méthodes scientifiques de Ferrari qui se base notamment sur les paramètres sanguins et le niveau de lactate, Hamilton ne tarde pas à son tour à se faire injecter de l'EPO.

(...)

Le système US Postal tourne à plein régime. Les coureurs sont alimentés en EPO et en testostérone sur les courses par « Pepe » Marti et le Dr Del Moral. Le premier peut se déplacer pour faire ses livraisons jusqu'à Nice où, après un dîner, Betsy Andreu assiste à la remise par Marti d'un sac en papier marron à Armstrong. « De l'or liquide », sourit Armstrong. Emma O'Reily, une masseuse de l'équipe, est également mise à contribution pour le transport des substances entre la France et l'Espagne.

En mai 1999, Hamilton en manque d'EPO, demande à Armstrong de lui en fournir. Pas de problème, il y en a un stock dans le frigo ! La consommation d'EPO par Armstrong était alors de notoriété publique au sein de l'US Postal. Vaughters, Hincapie, Andreu, Hamilton... tous étaient au courant. Moins d'un mois avant le départ du Tour, le taux hématocrite d'Armstrong plafonne à 41. Un peu léger pour être performant. La masseuse demande au coureur ce qu'il compte faire. « Ce que tout le monde fait », lui répond-il.

Sur le Tour, il convient d'être plus discret. Armstrong, Hamilton et Livingston en cas de besoin, feront ainsi appel à « Motoman », un homme qui se déplace à moto pour venir livrer les produits. Le motard suit le parcours du Tour à distance, prêt à intervenir à la demande.

(...)

Dès le prologue, Armstrong assoit sa domination mais le voilà bientôt rattrapé par un fâcheux contrôle positif à un corticoïde. (...) Armstrong et Bruyneel, avec la complicité du Dr Del Moral, décident alors de fabriquer un faux, une autorisation médicale antidatée qui permet au Texan de passer entre les gouttes.

Lors des deux premières semaines du Tour, Armstrong, Hamilton et Livingston utilisent de l'EPO « tous les trois ou quatre jours ». Les seringues usagées sont jetées dans des sacs ou des canettes de Coca et le Dr Del Moral se charge de les faire disparaître (...). Armstrong et Hamilton se font également des bains de bouche avec de l'« oil », une mixture composée d'huile d'olive et d'Andriol (testostérone), fabriquée par Ferrari.

Avec un tel régime, Armstrong marche fort et roule « avec deux doigts dans le nez », comme le dit joliment Hamilton. Sa domination étonne mais le peloton est muet, à l'exception du jeune Christophe Bassons (...) ce qui lui vaudra de sérieuses remontrances de la part de celui qui n'est pas encore le patron absolu du peloton. Armstrong remporte pour la première fois le Tour de France. (...)

Lire l'article en entier



Cette page a été mise en ligne le 12/10/2012