Actualité du dopage



2001, aussi vite que « Schumi »

11/10/2012 - lequipe.fr


«Oui, le docteur Ferrari a un rôle dans l'équipe. Mais je n'ai jamais discuté d'EPO avec lui, et je n'ai jamais utilisé ce produit. De ce que j'ai vu, je ne pense pas qu'il soit coupable.» Alors que le Tour de France 2001 va s'élancer le 7 juillet, Lance Armstrong essaie de désamorcer un article à paraître le 8 juillet dans le Sunday Times londonien. Le papier révèle ses rapports avec le sulfureux Dr Michele Ferrari, soupçonné de «fraude sportive et d'avoir administré des substances dopantes», et en attente d'un procès en Italie. Ces pratiques supposées ont valu un surnom à Ferrari : "Schumi", en référence à Michael Schumacher, qui a roulé pour l'écurie italienne du même nom.

Les affirmations d'Armstrong sont balayées par les témoignages de plusieurs de ses anciens équipiers, auprès de l'Agence américaine antidopage (USADA). Pour Christian Vande Velde, à ce moment, «Ferrari est déjà connu dans le peloton pour utiliser de l'EPO». Ce qui provoque l'incompréhension du directeur sportif de l'équipe, Mark Gorski, quand il voit débarquer le médecin au camp d'entraînement de début de saison de l'US Postal à Austin (Texas).

Lors du camp, le patron de l'équipe Johan Bruyneel annonce des rendez-vous individuels avec Ferrari. Chaque coureur qui veut être suivi devra donner un pourcentage de son salaire annuel au médecin. George Hincapie rapporte que ce montant s'élèvera pour lui à 15 000 dollars.

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Hincapie, qui avoue ses propres pratiques dopantes, dit avoir eu des discussions avec Lance Armstrong ne laissant aucun doute sur son recours régulier aux transfusions. Tyler Hamilton affirme avoir vu le champion américain utiliser de la testostérone et rapporte qu'il aurait aussi trafiqué de l'EPO. Lors d'un autre camp d'entraînement, à Tenerife, Hamilton raconte aussi que le Dr Ferrari «m'administrait tous les deux à trois jours de l'EPO dans ma chambre d'hôtel». Substance fournie par l'intermédiaire de "Pepe" Marti, l'entraîneur de l'équipe.

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Les faits exposés dans le rapport de l'USADA reposent sur les témoignages visuels de cinq membres de l'équipe US Postal de 2001 (George Hincapie, Tyler Hamilton, Levi Lepheimer, Christian Vande Velde et David Zabriskie), et de deux témoins additionnels, les coureurs Michael Barry et Jonathan Vaughters.Pas de manière infaillible, puisque cette même année 2001, l'Américain fait l'objet d'un contrôle positif à l'EPO, en juin, lors du Tour de Suisse qu'il remporte. Le résultat ne sera pas rendu public. Mais Armstrong raconte la mésaventure à Hamilton et Floyd Landis, et comment il s'en est tiré. «Il m'a dit que lui et Bruyneel étaient allés voir l'Union cycliste internationale (UCI) et avaient passé un accord financier», dit Landis. Comme confirmé par Pat McQuaid, président de l'UCI, Armstrong et Bruyneel étaient bien à Aigle (Suisse), en mai 2002. Ils font une donation «d'au moins 100 000 dollars» pour soutenir le développement du cyclisme. L'UCI nie évidemment que ce don ait un rapport quelconque avec le contrôle suspect. Mais le laboratoire de Lausanne (Suisse) confirme lui avoir détecté plusieurs échantillons positifs lors du Tour de Suisse. Son directeur déclare même avoir été informé par l'UCI qu'au moins l'un d'entre eux appartenait à Armstrong.

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Cette page a été mise en ligne le 16/10/2012