Actualité du dopage



2004, fausse rupture avec Ferrari

11/10/2012 - lequipe.fr


Comme pour les saisons précédentes, l'Agence américaine antidopage (USADA) a récolté de nombreux témoignages sur le dopage dans l'équipe US Postal en 2004 : ceux des équipiers Hincapie, Landis, Barry et Zabriskie ; ceux des coureurs Filippo Simeoni et Tom Danielson ; ainsi que ceux des époux Andreu, Frankie et Betsy. L'équipe américaine enregistre un changement par rapport à la saison précédente : l'arrivée à la place de Del Moral du docteur Pedro Celaya, qui était jusque-là en charge du programme de dopage à la ONCE.

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Pour le reste, rien de nouveau. Lance Armstrong continue de travailler avec Michele Ferrari, malgré les démêlés judiciaires de ce dernier en Italie. Dans son témoignage, Floyd Landis rapporte ainsi que le docteur Ferrari était notamment présent à un stage d'avant-Tour de France, à Puigcerda, une localité espagnole où Armstrong avait l'habitude de se réfugier pour éviter les contrôles, afin de vérifier les valeurs sanguines de chacun des coureurs, mais aussi pour «administrer de l'EPO et de la testostérone pour être sûr que l'équipe soit prête pour le Tour». Landis se souvient avoir vu à cette occasion Armstrong allongé sur une table de massage avec un patch de testostérone sur l'épaule (...).

Le 2 juillet, à la veille du Grand départ du Tour, la société de Ferrari reçoit un chèque de 100 000 $ de la part d'Armstrong, satisfait des tests de son équipe. Sur les trois semaines de course, Landis a noté que son leader avait reçu à deux reprises une transfusion sanguine. L'une d'elles a été effectuée dans le bus de l'équipe après une étape, sur le chemin de l'hôtel, et le chauffeur a alors prétexté un problème de moteur pour s'arrêter pendant une heure sur une route de montagne et permettre les transfusions. Celles d'Armstrong auxquelles Landis a assistées, en 2003 et 2004, étaient complétées par une prise d'EPO qui, quand elle est injectée en petites doses, permet de stimuler la production de réticulocytes (...) et donc de masquer les transfusions. (...)

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En 2000, Filippo Simeoni reconnaît devant une juridiction italienne avoir pris de l'EPO et de l'Andriol sous la direction du docteur Ferrari. En représailles, Lance Armstrong, utilisant sa «position d'icône du sport universellement reconnue», comme le décrit le rapport de l'USADA, lance une campagne contre Simeoni, le traitant de menteur dans les médias. Ce qui poussera le coureur transalpin à attaquer le Texan pour diffamation. Les deux "ennemis" se retrouvent sur le Tour 2004, et Simeoni, coureur de l'équipe Domina Vacanze, se glisse dans une échappée lors de la 18e étape. Mais Armstrong ne l'entend pas de cette oreille, poursuit l'Italien et lui intime l'ordre de rentrer dans le rang, gaspillant là de l'énergie alors que cette sortie ne représentait pourtant aucune menace. De retour dans le peloton, l'Américain sermonne le fuyard : «Tu as fait une erreur quand tu as témoigné contre Ferrari et tu as fait une erreur quand tu m'as attaqué (en justice). J'ai beaucoup de temps et d'argent et je peux te détruire».

Une vidéo, que l'USADA a jointe au dossier, immortalisera le moment où Armstrong passe sa main devant sa bouche pour faire signe à Simeoni de se taire. L'agence américaine voit dans ce geste une «tentative d'intimidation de témoin». Le procès contre Ferrari aboutit toutefois en octobre 2004 à une condamnation pour «fraude sportive» : le médecin italien est accusé d'avoir conseillé plusieurs coureurs de son pays dans leur prise d'EPO et d'Andriol. Cette condamnation oblige Lance Armstrong à annoncer la fin de sa relation avec Ferrari. En 2010, son conseiller Mark Fabiani expliquera que son client n'a plus travaillé avec Ferrari depuis 2004. Une déclaration fausse.

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Cette page a été mise en ligne le 20/10/2012