Dossier dopage



Dopage : les géants pharmaceutiques s'y mettent

17/05/2010 - RTBF.be - avec Belga

Extraits

L'Agence mondiale antidopage (AMA) va signer dans quelques semaines un accord avec les poids lourds de l'industrie pharmaceutique, qui devrait lui permettre de rattraper plus facilement les tricheurs pensant avoir une molécule d'avance sur les contrôles.

Fin juin ou début juillet, l'Agence va ainsi parapher un accord cadre à Genève avec l'Association de l'industrie pharmaceutique (IFPMA), qui regroupe tous les grands noms mondiaux du médicament, de Bayer à Roche en passant notamment par GlaxoSmithKline, Bristol-Myers Squibb, Novartis, Sanofi-Aventis, Pfizer ou encore Merck.

"L'objectif est que les industriels deviennent des partenaires actifs. Ce sont eux les mieux placés pour connaître les molécules des substances et être à même d'identifier de façon très précoce celles qui ont un potentiel dopant", explique le directeur scientifique de l'AMA, Olivier Rabin.

"D'autres accords avec l'industrie pharmaceutique vont être signés de façon plus individuelle. On a établi avec l'une d'elles en particulier un mode opératoire, avec toujours l'objectif d'amener la détection de ces substances très en amont", ajoute le scientifique français (...).

Si l'idée d'associer les fabricants de médicaments à la lutte antidopage peut paraître évidente, cette collaboration ne l'a jamais été dans les faits, à quelques exceptions près, ne serait-ce que pour des raisons de confidentialité des brevets. (...)

Les mentalités ont évolué depuis l'épisode du Cera en 2008 (...) lors du Tour de France et des jeux Olympiques de Pékin par des sportifs qui croyaient l'hormone indétectable.

(...)

Commercialisé au printemps 2008 par les laboratoires Roche, ce traitement contre l'anémie et l'insuffisance rénale avait attiré l'attention des autorités antidopage dès les essais cliniques en 2004, alors que des rumeurs faisaient état de fuites dans le milieu sportif. Alerté, le groupe suisse avait accepté de collaborer, ce qui avait permis de travailler sur un test de détection.

Le Comité international olympique (CIO) a aujourd'hui des informations laissant supposer que le Cera était déjà utilisé au moment des Jeux d'hiver de 2006, et a décidé de soumettre entre 30 et 40 tests de Turin à de nouvelles analyses (...).

"On est tout à fait conscient que c'était avant la commercialisation de cette substance, souligne Olivier Rabin. C'est là que la collaboration avec les (industriels) pharmaceutiques, mais aussi Interpol, nous permettra d'être beaucoup plus efficaces (...)."

Outre les industriels pharmaceutiques, l'AMA mène des discussions avec le secteur des biotechnologies. Mais elle vise aussi les agences du médicament, autre maillon-clé de la chaîne du médicament.

"Si des industriels oubliaient de nous approcher ou n'avaient tout simplement pas identifié le potentiel dopant d'une molécule, on aurait ainsi un deuxième niveau d'alerte (...)", précise le directeur scientifique.

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Cette page a été mise en ligne le 17/05/2010