Dossier dopage



Contrôles antidopage. Insomnies en vue

07/01/2016 - letelegramme.fr - Yves-Marie Théréné


Jusqu'à présent le créneau horaire 21 h - 6 h était un sanctuaire protégé par le droit français qui interdisait toute intrusion dans un domicile. Durant ces neuf heures, les sportifs ayant recours au dopage ne risquaient pas d'être dérangés. C'est dorénavant terminé. Les contrôles de nuit débarquent...

Pourquoi vouloir contrôler la nuit ?

L'idée est simple. Face à l'étau de la lutte antidopage, les tricheurs ont recours à des microdoses de produits dopants dont les traces disparaissent de l'organisme très rapidement. En clair, une « petite dose », le soir et aucun risque d'être positif au réveil. Pour le Lannionnais Armand Mégret, médecin auprès de la Fédération française de cyclisme, les contrôles de nuit sont devenus indispensables. « Il existe des substances dont l'élimination est très rapide. Il faut pouvoir faire des prélèvements quasiment au moment où elles sont absorbées. »

Qui peut être contrôlé ?

Pour être contrôlé la nuit, il faut être volontaire ! Tous les trois mois, les sportifs donneront ou non leur accord. Ceux qui refusent d'être réveillés n'échapperont pas pour autant aux contrôles. Pour les athlètes ciblés, c'est-à-dire ceux chez qui il y a « une suspicion extrêmement forte de dopage », selon les termes d'Armand Mégret, l'Agence française de lutte contre le dopage sollicitera un juge des libertés et détention pour obtenir le droit d'exécuter ce contrôle nocturne. Dans les faits, les contrôles de nuit ne seront pas nombreux mais extrêmement ciblés. (...)

Ces contrôles seront-ils efficaces ?

Difficile de répondre à cette question à l'avance mais Armand Mégret est convaincu que la lutte antidopage va dans le bon sens. « À chaque fois qu'on a mis en place un nouvel outil, ça a permis de faire avancer le Schmilblick. Les contrôles antidopage participent, avec d'autres actions à l'amélioration de l'état sanitaire du peloton et du sport en général. »

Quid du respect de la vie privée ?

L'un des principaux griefs contre les contrôles est le non-respect de la vie privée. La plupart des sportifs ont bien compris que leur crédibilité est à ce prix et ils acceptent les nouvelles règles du jeu. (...)

La France en retard

Le 1er janvier 2015, le nouveau code mondial antidopage, avec parmi les « nouveautés » les contrôles de nuit, était promulgué. (...) La France a un peu traîné. À la fin de l'été, elle figurait sur la liste des 14 pays, avec l'Espagne et le Brésil, à ne pas s'être mis en conformité avec le nouveau règlement. À l'automne, le droit français a évolué afin d'autoriser ces contrôles nocturnes. Les décrets d'application devraient être publiés prochainement et les fédérations auront six mois pour les inscrire dans leur réglementation. Être en règle avec le nouveau code mondial antidopage est également un impératif à la candidature de la France aux Jeux Olympiques 2024.

Des sanctions plus sévères...

Les contrôles de nuit ne sont qu'un des aspects de l'ordonnance du 30 septembre assurant le respect du code mondial antidopage. Dorénavant, un sportif contrôlé positif risque une suspension de quatre ans contre deux auparavant. Le délai de prescription pour sanctionner des faits de dopage passe de huit à dix ans.

... Et des remises de peine

Quelle est la meilleure arme pour débusquer les tricheurs ? La délation, pardi ! Le texte du 30 septembre propose des remises de peine à ceux qui permettront d'identifier des personnes « contrevenant ou tentant de contrevenir aux dispositions » de l'ordonnance. (...)

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Cette page a été mise en ligne le 07/01/2016