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Actualité du dopage



L'Union cycliste internationale réclame encore 5 270,79 euros à Willy Voet

21/07/2009 - Le Monde - Stéphane Mandard

Extraits

Le petit monde du vélo n'a, semble-t-il, pas encore réglé tous ses comptes avec Willy Voet. Plus de dix ans après l'affaire Festina, l'ancien soigneur par qui le scandale était arrivé est toujours dans le viseur des instances dirigeantes de la petite reine. L'Union cycliste internationale (UCI) lui réclame encore 5 270,79 euros. Il ne s'agit pas de vagues arriérés du procès Festina pour lequel il avait été condamné en 2000 à dix mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amendes après son interpellation par les douanes en plein Tour de France 1998 (...).

Ces 5 270,79 euros, qu'un huissier de justice français ordonne aujourd'hui à Willy Voet de payer, correspondent aux frais de justice d'une autre affaire, plus récente, mais beaucoup moins médiatisée. Dans un arrêt rendu le 5 mai 2006, la cour d'appel d'Amsterdam a condamné l'ex-soigneur belge pour diffamation envers l'UCI et son ancien président, le Néerlandais Hein Verbruggen. Il est reproché à Willy Voet d'avoir, lors d'une émission de télévision néerlandaise diffusée une première fois en 2000 puis en 2001, insinué que l'UCI et son président de l'époque avaient cherché à couvrir le contrôle positif à la lidocaïne (...) du Français Laurent Brochard après son titre de champion du monde en 1997, en acceptant un certificat médical antidaté. (...) L'histoire du contrôle de Laurent Brochard, que Willy Voet a côtoyé chez Festina, l'ex-soigneur belge l'avait déjà raconté dans un ouvrage décapant sur les moeurs du peloton, Massacre à la chaîne, paru en 1999 chez Calmann-Lévy.

Mais c'est seulement quand il a entendu ses propos rapportés à la télévision néerlandaise que l'ancien président de l'UCI, Hein Verbruggen, a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. La justice de son pays lui a donné raison et ordonné à Willy Voet de ne plus répéter ses accusations.

Aujourd'hui, on veut faire taire Willy Voet alors que s'il n'avait pas brisé la loi du silence en 1998, la lutte antidopage n'aurait sans doute pas progressé comme elle l'a fait depuis, estime son avocat, Serge Tavitian. Ce dernier vient de déposer un recours auprès du tribunal de grande instance de Gap pour s'opposer à la saisie des rémunérations de son client, aujourd'hui chauffeur de bus au smic sur la ligne Gap-Marseille. Une décision doit être rendue en octobre. Contacté par Le Monde, l'actuel président de l'UCI, Pat McQuaid, n'a pas souhaité faire de commentaires. "Cette condamnation et cet acharnement à l'égard de Willy Voet me choquent car on veut chasser des vieux démons qui n'ont pas disparu avec lui. C'est comme s'il portait encore une part de responsabilité du dopage dans le cyclisme", juge Me Tavitian.

A 64 ans, Willy Voet (...) doit recevoir chez lui, à Veynes, près de Gap, une équipe de journalistes américains qui prépare un documentaire sur le Tour et le dopage. Il promet d'être prudent.

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Cette page a été mise en ligne le 21/07/2009.


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