Actualité du dopage



2000, transfusé avant le Ventoux

11/10/2012 - lequipe.fr


Cinq membres de l'US Postal (George Hincapie, Tyler Hamilton, Frankie Andreu, Levi Leipheimer et Christian Vande Velde) ont témoigné sur le dopage au sein de leur équipe en 2000. L'Agence américaine antidopage (USADA) a aussi reçu le témoignage du coureur italien Filippo Simeoni sur les évènements de cette année.

La victoire de Lance Armstrong dans le Tour de France 1999 a été acquise «avec un usage d'EPO tous les trois ou quatre jours», selon Tyler Hamilton. En 2000, la rumeur court qu'un nouveau test EPO sera bientôt mis en place. L'équipe décide donc d'adopter un programme de dopage sanguin pour ses trois grimpeurs, Lance Armstrong, Tyler Hamilton et Kevin Livingston.

Johan Bruyneel informe Hamilton au cours du Critérium du Dauphiné libéré (...) que 500 cc de sang seront prélevés sur chacun d'entre eux et réinjectés pendant le Tour de France. Comme les transfusions sont alors indétectables, la tricherie est sans risque. Après la course, Hamilton rallie Valence, en Espagne, en jet privé depuis Nice avec Armstrong et Livingston. Le prélèvement, qui durera une heure, a lieu en présence de Johan Bruyneel, Michele Ferrari, le docteur Del Moral et le soigneur Pepe Marti. Après la ponction, les trois coureurs partent s'entraîner. (...)

Après la 11e étape du Tour, au soir du jeudi 11 juillet 2000, à l'hôtel l'Esplan de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), les trois coureurs sont transfusés. «Le processus a duré moins de trente minutes, explique Hamilton. On était dans une chambre avec Kevin et Lance dans la chambre d'à côté qui communiquait avec la nôtre par une porte. Pendant la transfusion, on le voyait. Le docteur Del Moral faisait des allers-retours pour vérifier l'avancement de la réinjection. Chaque poche de sang était accrochée au crochet d'un cadre ou collée sur le mur, on était allongés sur le lit et on tremblait pendant que le sang froid "réentrait" dans nos corps. On plaisantait à propos du corps qui absorberait le sang le plus vite.» Le 12 juillet, c'était jour de repos sur le Tour, et le 13 l'étape du mont Ventoux qu'Armstrong allait terminer à la deuxième place derrière Marco Pantani.

(...)

A l'issue du Tour remporté par Armstrong, les autorités françaises ouvrent en août 2000, une enquête après la découverte de déchets médicaux laissés dans une poubelle par des membres de l'US Postal. A l'intérieur, des seringues et des emballages vides d'un produit sanguin appelé «Actovegin». L'équipe américaine fait savoir dans un communiqué qu'il est seulement utilisé pour un membre du staff qui souffre de diabète et dans le cas de blessures de la peau suite à des chutes (...). Armstrong, sur son site internet, dira qu'il «n'a jamais entendu parler de ce produit».

(...)Dans son rapport, l'USADA indique que c'est en totale contradiction avec les témoignages des coureurs qui confirment leur utilisation régulière de l'Actovegin parce que le staff médical croyait que ce produit améliorerait leurs performances. Et mentionne qu' «il est clair que M. Armstrong et son équipe ont intentionnellement faussé et publié des déclarations trompeuses au sujet de l'usage de l'Actovegin.» L'USADA ne l'a «pas accusé d'une violation des règles antidopage parce que le produit n'est pas actuellement interdit. Mais si Lance Armstrong était prêt à mentir au sujet de l'Actovegin - et il a clairement menti -, il n'y a pas de raison de croire qu'il ne l'aurait pas fait à propos d'autres produits ou sur d'autres sujets.»

Lire l'article en entier



Cette page a été mise en ligne le 15/10/2012