Lance Armstrong

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Repères



Qualités physiques

Les qualités physiques intrinsèques et surtout son changement de morphologie après son cancer sont souvent mis en avant pour expliquer sa métamorphose de coureur de qualité (avant le cancer) à coureur hors du commun (après le cancer). Johan Bruyneel, dans son livre We might as well win évoque même des capacités aérobiques "surhumaines". Quelques éléments pour se faire une idée :

VO2MAX

VO2MAX (en ml/min/kg) relevées par le Professeur Edward F. Coyle :

VO2MAX (en ml/min/kg) selon d'autres sources :

VO2MAX (en ml/min/kg) de quelques autres coureurs :

La VO2 Max de Lance Armstrong, bien qu'excellente, n'est pas exceptionnelle. D'autres champions présentaient une meilleure VO2 Max. Qui plus est, quelques semaines après son premier Tour de France victorieux, elle est sensiblement inférieure à ce qu'elle était en 1993, avant le début de saison.

Poids

La perte de poids (5 à 11 kg selon les sources) consécutive à son cancer est souvent avancée pour expliquer la métamorphose de Lance Armstrong. La presse s'est faite un /devoir de relayer cette information, sans craindre de se contredire : le 13/07/1999, L'Equipe retranscrit les propos de Cyrille Guimard qui parle de 5 à 6 kg perdus ; le lendemain, sous la plume de Guy Roger, le même journal parle de 11 kg, parlant d'un poids de 71 kg. En 2007, dans son livre Le Tour de ma vie Jean-Marie Leblanc fait référence aux déclarations de Cyrille Guimard mais les "5 à 6 kg perdus" sont devenus 10 kg ! Toujours en 2007, Bernard Hinault parle de 10 kg.

L'idée d'une perte de poids pour expliquer une brutale amélioration des performances n'est pas toute neuve. Déjà, en 1996, Bjarne Riis expliquait sa métamorphose par un amaigrissement de 4 à 5 kg. On sait depuis quelles étaient les vraies raisons de sa métamorphose.

Selon toute vraisemblance, Lance Armstrong n'a que très peu maigri ! Dans L.A. Officiel (page 231), Pierre Ballester et David Walsh rappellent les relevés effectués par le Professeur Edward F. Coyle :

De son côté, Jean-Pierre de Mondenard (La grande imposture, page 172) rappelle, qu'en 1993, le guide de l'équipe Motorola présentait Armstrong avec un poids de 74,91 kg. Pour sa part, John Wilcockson (Lance Armstrong : The World's Greatest Champion, 2009, page 154) évoque 78,9 kg (174 pounds) la même année. Selon le même auteur, Michele Ferrari se souvient d'un poids de 74 kg à l'automne 1998 contre 80 kg en 1996.

Lors de la pesée d'avant Tour de France, il se situait à 74 kg en 2003, 77 kg en 2004 et 77,2 kg en 2005. (L'Equipe, 24/02/2009, cité par Jean-Pierre de Mondenard, La grande imposture, page 173)

En résumé, avant son cancer, il aurait oscillé entre 74,91 et 80 kg et, après son cancer, entre 74 et 79,7 kg. Difficile d'y trouver les traces d'une métamorphose spectaculaire. Pour y voir plus clair, il suffit de rassembler tous ces chiffres sur un graphique, comme ci-dessous :

Evolution du poids de Lance Armstrong

Les valeurs retenues sont les suivantes:

La lettre entre parenthèses correspond à la source de l'information, la liste des sources étant la suivante :
Ces différentes sources peuvent être considérées soit comme neutres (guide Motorola, pesée du Tour de France), soit comme favorables à Lance Armstrong (John Wilcockson, Professeur Edward F. Coyle)

.

La moyenne des médianes de la période avant cancer (1992-1997) est de 78,83 kg, la moyenne des médianes de la période après cancer (1999-2005) est de 76,98 kg, soit un écart de 1,85 kg.
Pour être tout à fait complet, il convient de souligner que les valeurs de la période après cancer sont toutes celles du début du Tour de France, soit un poids de forme. En revanche, celles de la période avant cancer correspondent parfois à des poids d'intersaison comme, par exemple, les 78,9 kg de 1992.

Puissance

Puissances développées par Lance Armstrong exprimées en «watts» (calculés pour un athlète de 70 kg avec un vélo de 8 kg) :

Lors du Tour d'Italie 2009, il semble retombé aux alentours de 375 watts.

Pour en savoir plus sur les calculs de puissance :

Pulsations

Après son titre de Champion du Monde 1993, il déclare monter à 209 pulsations par minute. Lors de la Flèche Wallonne 1996, il aurait dépassé les 200 pulsations par minute.

Hématocrite

Entre 39 et 46 (John Wilcockson, Lance Armstrong : The World's Greatest Champion, 2009, page 164)



Ses premiers Tour de France

Si Bernard Hinault remporta son premier Tour, si Greg Lemond se montra à un très bon niveau dès sa première participation (troisième), Armstrong fut beaucoup plus timoré.

1993

Lance Armstrong découvre le Tour et remporte l'étape de Verdun. Il abandonne après la deuxième étape de montagne, un abandon programmé avant le Tour. Dans l'étape de montagne Villard-de-Lans - Serre Chevalier, il termine 86ème à 21'42" de Tony Rominger. Le lendemain, dans l'étape se terminant à Isola 2000, il pointe à la 97ème place, 28'47" derrière Tony Rominger, encore lui. Armstrong n'a que 21 ans et n'a sans doute pas forcé son talent dans ces étapes. Dans le contre-la-montre du Lac de Madine (59 km), il termine 27ème à 6'03" du vainqueur, Miguel Indurain. Il s'estime capable de gagner trois minutes en trois ans.

1994

Dans les Pyrénées, Armstrong termine 64ème de l'étape Cahors-Hautacam, 7 minutes derrière Luc Leblanc. Le lendemain, il arrive 20 minutes derrières Richard Virenque à Luz Ardiden, en 55ème position. Il renonce avant d'atteindre les Alpes. Dans le contre-la-montre de 64 km, il termine à 6'23" du vainqueur.

1995

Après avoir remporté sa première étape dans un Tour de France, il réussit à rallier les Champs-Elysées. Au général, il est 36ème à 1 heure 28 minutes et 6 secondes de Miguel Indurain. Dans les étapes de montagne, il n'a pas particulièrement brillé : 39ème entre Saint Etienne et Saint Mandé à 8'37" de Laurent Jalabert, 40ème à La Plagne à 18 minutes d'Alex Zülle, 56ème à l'Alpe d'Huez à 18'33" de Marco Pantani, 117ème à Guzet Neige à plus de 28 minutes du même Pantani et, enfin, 64ème à Cauterets à près de 33 minutes de Richard Virenque. Dans le contre-la-montre 46,5 km, il termine à 6'24" du vainqueur. Il déclarera pourtant, quelques années plus tard, qu'en 1995, il se sentait très bien.



Paroles de Lance

Sans cesse soupçonné de dopage, Lance Armstrong a multiplié les déclarations à ce sujet. En voici quelques unes.


Soyons justes, le coureur américain peut aussi s'exprimer sur d'autres sujets :




Ses contrôles antidopage

Le 23/08/2005, L'Equipe, s'appuyant sur des sources UCI, publie la liste des contrôles antidopage auxquels Lance Armstrong s'est soumis de 1999 à 2004. On pourra être surpris par le fait que les contrôles sont de moins en moins nombreux.

Dans L.A. Officiel (page 37), Pierre Ballester et David Walsch révèlent un contrôle inopiné que les contrôleurs de l'Usada n'ont pu effectuer au domicile du coureur américain :
L'incident remonte à la fin du printemps 2004, un jour ou Mike Anderson travaillait au ranch de Dripping Springs. Il était parti de chez lui pour rejoindre le ranch, à une vingtaine de kilomètres de là. Alors qu'il était en route, il reçut un appel sur son téléphone portable. C'était le paysagiste, Derek Russey, qui était déjà à Dripping Springs. (...) Derek Russey lui dit que des gens de l'Usada étaient au ranch et voulaient savoir si Lance était dans les parages.
"Je lui ai répondu : " Comment ça, où est Lance ? Il est chez lui, il est dans la maison."
"Il m'a dit : " Non, il n'y est pas. Et les gens de l'Usada sont là. Je les ai fait partir. (...) " Derek voulait que l'ami de Lance, John Korioth, vienne chercher la voiture et la conduise sous les yeux des contrôleurs de l'Usada, qu'il soupçonnait d'attendre devant les grilles de la propriété. Les vitres de la voiture sont teintées et John est à peu près de la même corpulence que Lance (...). John conduirait la voiture, les gens de l'Usada ne remarqueraient pas que ce n'était pas Lance, les portes se refermeraient derrière lui, et les contrôleurs penseraient que tout ceci n'avait été qu'un malentendu entre le paysagiste et eux. Mais durant tout ce temps, Lance était bien à la maison."
(...)
Mike Anderson se doutait qu'il y avait quelque chose qui clochait, parce qu'il s'était rendu au ranch ce matin-là, persuadé d'y trouver Armstrong. (...) Par le passé, jamais Lance n'avait quitté le ranch sans en avertir au prélable son assistant personnel. Ca n'était tout simplement jamais arrivé. " (...) C'était bien la première - et la dernière - fois qu'il disparaissait comme ça sans prévenir."



Le Tour de France 1999 et l'EPO

Le 23 août 2005, le journal L'Equipe publiait un scoop retentissant : lors du Tour de France 1999, 6 échantillons d'urine prélevé sur le texan contenaient de l'EPO. Un fameux retour de boomerang à celui qui répondait souvent avec morgue à ceux qui le soupçonnaient de dopage. On pourra lire en page actualité, les détails de cette révélation et ci-dessous quelques réactions de personnalités, dont certaines se gardent bien de tirer sur l'ambulance.



Le Tour de France 1999 et les corticoïdes

Le 4 juillet 1999, Lance Armstrong est contrôlé positif au triamcinolone acétonide, un corticoïde de synthèse à action retard. Sur le procès verbal du contrôle médical, dans la colonne « Médicaments pris », il est écrit : « néant ». C'est la panique dans le camp du champion américain qui fournira plusieurs explications :

Ces déclarations, outre le fait qu'elles évoluent, contiennent un certain nombre d'erreurs ou de mensonges :

Malgré tout, l'UCI, bonne patte, fera une entorse à son règlement en acceptant un certificat médical antidaté pour fermer les yeux sur cette affaire, ouvrant la route à la première victoire d'Armstrong dans le Tour de France.



Le Tour de France 2002

Michel Audran, spécialiste de la lutte antidopage, a analysé les urines de Lance Armstrong, prélevées pendant le Tour de France 2002. Ces urines lui on paru suspectes. Il déclare : "On n'a rien trouvé. J'étais stupéfait par la clarté des urines. On peut penser à un échange d'urine." Selon lui, Armstrong aurait pu échapper à la vigilance du médecin contrôleur : "Il y a quelqu'un qui est présent lors de la collecte du flacon d'urine. Mais est-ce que la personne qui est à côté d'Armstrong osera mettre son nez dans ses affaires ! (...) Je sais qu'à l'époque j'avais demandé à ce qu'on fasse une identification des urines à partir de l'ADN et on ne l'a pas fait, je ne sais pas pour quelle raison." (L'affaire Jeanson, l'engrenage, Alain Gravel, Editions Voix parallèles, 2008, page 54)



Le come-back en 2009

En septembre 2008, il annonce son retour à la compétition pour 2009 et sa volonté de conquérir un huitième Tour de France. Un come-back qui ne fait pas l'unanimité.



Coéquipiers impliqués dans des affaires de dopage

30 des 132 coéquipiers de Lance Armstrong (soit 22,7%) ont vu leur nom apparaître dans des affaires de dopage. Parfois avant, parfois après ou parfois pendant leur cohabitation sous le même maillot. Sources : http://www.museociclismo.it et annuaire du dopage mis à jour au 05/04/2010


Sept questions embarrassantes



Cruel précédent

A longueur d'interview, Lance Armstrong répète qu'il n'a jamais été contrôlé positif, ce qui serait sensé attester de sa "virginité". Tout d'abord, rappelons que, même s'il ne fut pas sanctionné, il a bel et bien été contrôlé lors du Tour de France 1999 . Ensuite, pour le plaisir, rappelons cette phrase de Freddy Maertens qui figure en bonne place dans le bétisier du dopage : "Quant au dopage, je ne peux répondre qu'une chose : au Tour et au championnat du monde, j'ai été contrôlé négativement chaque fois". Ceci ne l'empêche pas d'être cité à 6 reprises dans l'annuaire du dopage !



Ils ont dit de lui



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