1986 : sans avoir fait carrière en tant que coureur, mais avec un dipômé de l'INEF de Madrid (équivalent de l'INSEP) en poche, il devient responsable des équipes espagnoles juniors puis amateurs.
1988 : avant les Jeux olympiques de Séoul, il démissionne de son poste de responsable des équipes amateurs espagnoles pour protester contre la maigreur des moyens financiers accordés par la Fédération espagnole.
1992 : recrute Laurent Jalabert. Pendant Paris-Nice, il se distingue en faisant zigzaguer sa voiture afin d'éviter le retour de Pascal Lance qui venait de se faire distancer sur crevaison. L'incident lui vaut un avertissement pour violation des règles élémentaires de fait-play.
1996 : la Once écrase le Tour de Valence en trustant les 5 premières places. Lors du Tour d'Espagne, l'équipe est moins vaillante puisqu'elle est victime d'une mystérieuse épidémie de gastro-entérites , ce qui ne manque pas d'éveiller les soupçons de Jean-Michel Rouet du journal L'Equipe. Heureusement, Alex Zülle, qui a pourtant partagé le même repas que ses compères, échappe au carnage. De son côté, Manolo Saiz s'est "arrangé" avec d'autres équipes. C'est ainsi qu'on peut voir un coureur de l'équipe Euskadi ravitailler le coureur suisse.
1998 : en pleine affaire Festina, la police perquisitionne la chambre de Nicolas Terrados-Cepeda, médecin de son équipe, et découvre notamment des corticoïdes. Furieux, Manolo Saiz, soutenu par Laurent Jalabert, obtient le retrait de toutes les équipes espagnoles du Tour de France. Il se réjouit d'avoir mis "un doigt au cul du Tour". Ses pairs reconnaissants l'élisent peu après président de l'Association des groupes sportifs professionnels (AIGCP). Quelques années plus tard, il mettra à profit sa connaissance du sujet pour faire travailler un cabinet d'avocats internationaux sur un grave sujet : les journalistes qui parlent trop de dopage.
1999 : à la tête de l'AIGCP, il refuse que les prélèvements sanguins, utilisés pour le contrôle de l'hématocrite, soient utilisés pour contrôler la présence de produits dopants. Ceci ne l'empêche pas de déclarer au journal L'Humanité, quelques mois plus tard, (cliquez ici pour lire l'interview) : "L'utilisation de produits dopants est une faute éthique injustifiable". Néanmoins, il refuse de se rendre à une convocation du juge Keil, magistrat instructeur de l'affaire Festina. ASO refuse d'abord sa présence sur le Tour de France 1999 mais doit s'incliner sur décision de l'UCI. ASO boit le calice jusqu'à la lie puisque la Once de Manolo Saiz est la seule à refuser de participer au système de collecte des seringues usagées mis en place par l'organisateur du Tour.
2001 : en tant que président de l'Association internationale des groupes sportifs de cyclisme professionnel (AIGCP), il déclare au journal Le Monde du 26 juillet que "le cyclisme professionnel a pris la bonne route. Aujourd'hui, il est propre. le moment est venu de ne plus parler de dopage".
2003 : il est exclu de la Vuelta pour un « comportement qui a porté gravement atteinte au cyclisme en général et au Tour d'Espagne en particulier ». Pendant la 19e étape entre Alcobendas et Colaldo Villalba, Manolo Saiz a tenté de forcer le passage vers la tête de la course, malgré l'interdiction des commissaires, et a ensuite coincé une moto de la télévision espagnole pour insulter en compagnie d'un de ses mécaniciens le journaliste.
2005 : son protégé Roberto Heras est contrôlé positif à l'EPO pendant le Tour d'Espagne. Manolo, martial, déclare : "J'espère que le 21 novembre, l'innocence de Roberto sera prouvée. Pour ma part, je mets ma main au feu qu'il n'a jamais triché. J'ai confiance en Roberto." La culpabilité d'Heras sera pourtant confirmée. Coïncidence ou pas, Manolo Saiz quitte la présidence de l'AIGCP. Il est remplacé par Patrick Lefevere, responsable de l'équipe Quick Step.
2006 : patron de la Liberty Seguros, il est arrêté en possession d'une glacière contenant des produits suspects et de 60.000 euros. Il devient un des principaux suspects dans ce qui va se révéler être un réseau de dopage sanguin, connu sous le nom d'opération Puerto et dont le Dr Eufemiano Fuentes, médecin de Liberty Seguros, serait la tête pensante.
2007 : il bénéficie d'un non-lieu dans le cadre de l'opération Puerto, le juge estimant que les fait de mise en danger de la vie d'autrui ne sont pas établis, même si l'existence d'un réseau de dopage sanguin est avéré.
2010 : il envisage de créer une équipe professionnelle en Asie.
Quelques "protégés" de Manolo Saiz
Joseba Beloki
Erik Breukink
Johann Bruyneel (qui deviendra le directeur sportif de Lance Armstrong)
Affaires de dopage dans les équipes de Manolo Saiz
Gianpaolo Caruso (suspendu 6 mois en 2003 pour contrôle positif à la nandrolone lors du Tour Down Under).
Igor Gonzalez de Galdeano (suspendu 6 mois sur le territoire français en 2003 pour contrôle positif au Salbutamol lors du Tour de France)
Curro Garcia (suspendu 3 mois en 2001 pour contrôle positif lors de la Clasica de Alcobendas)
Roberto Heras (suspendu 2 ans en 2005 pour contrôle positif à l'EPO lors du Tour d'Espagne)
Isidro Nozal (arrêté 2 semaines en 2005 pour taux d'hématocrite supérieur à la norme lors du Dauphiné Libéré)
Nuno Ribeiro (arrêté 2 semaines en 2005 pour taux d'hématocrite supérieur à la norme lors du Dauphiné Libéré)
Alex Zülle (contrôlé positif au salbutamol mais finalement absous lors du Tour du Pays basque 1993)
Ils ont dit de lui
1993
Johann Bruyneel (coureur de la Once, futur directeur sportif de Lance Armstrong) : "Il est de notre âge, a le même esprit que nous. (...) Il n'est pas resté sur des conceptions d'il y a dix ou quinze ans quand il fallait rouler des bornes et des bornes. (...) Son truc préféré, c'est le plan d'entraînement..." (L'Equipe, 14/05/1993)
Laurent Jalabert, toujours : "Ce qui le différencie des autres ? C'est que lui, on a naturellement envie de lui faire plaisir." (On m'appelle Jaja, Editions Solar 1996, page 75)
1997
Dominique Arnaud : "Le Koechli espagnol" (Cyclisme International, septembre 1997)
Dominique Arnaud encore : "Manolo est toujours à la recherche de la perfection. C'est lui qui a amené de nouvelles méthodes d'entraînement. Notamment cette musculation qu'avaient prônée les entraîneurs de l'ancienne Allemagne de l'Est." (Cyclisme International, septembre 1997)
2006
Robbie McEwen : "La disparition de Saiz du paysage du cyclisme est une bonne chose." (L'Equipe, 23/07/2006)
2007
Jean-Marie Leblanc : "Ah ! Manolo Saiz. L'orgueil personnifié. L'homme qui, n'ayant pas été coureur professionnel, faisait un complexe non pas d'infériorité, mais bel et bien de supériorité, estimant que sa formation universitaire le distinguait, par le haut, de ses collègues de terrain ! Intelligent et travailleur, certes, mais autoritariste et volontiers cynique, il crispa progressivement les relations établies avant lui par les différentes composantes de not sport." (Le Tour de ma vie, 2007, page 264)
2008
Carlos Sastre : "Saiz avait dix ans d'avance sur tout le monde et dans tous les domaines." (Conférence de presse d'après-Tour, 27/07/2008, cité par Libération - 28/07/2008)
2009
Johan Bruyneel (ancien coureur de la Once, irecteur sportif de Lance Armstrong) : "La manière dont il dirigeait son équipe a été un exemple. Il a été novateur au niveau de la préparation psychologique, dans la façon d'encadrer son équipe. J'ai le plus grand respect pour lui à ce niveau. (...) Depuis que Manolo a disparu du cyclisme, nous nous sommes perdus de vue et je ne sais rien de lui actuellement. Et je ne veux rien dire car je ne sais pas s'il a été condamné ou inculpé... Je dis seulement que si c'est le cas, c'est triste, parce qu'il a été novateur à bien des niveaux dans le cyclisme." (lequipe.fr - 30/12/2009)
2010
Rudy Pévenage, ancien directeur sportif de T-Mobile et de Jan Ullrich : "Fuentes n'était pas le seul médecin à cette époque-là. Les autres équipes avaient aussi leur organisation en matière de préparation médicale. Mais ce qui s'est passé avec Manolo Saiz et Rudy Pévenage a donné bonne conscience aux autres, comme pour Festina en 1998." (L'Equipe - 08/07/2010)
Ses prises de position
1995
"Je suis un défenseur d'un cyclisme propre. (...) J'ai une confiance absolue en Nicolas Terrados. (...) La Once n'a jamais eu de positif dans ses rangs." (L'Equipe - 04/07/1995)
1996
"Ferrari et moi ? Nous sommes liés par une relation d'amitié que nous entretenons depuis plusieurs années. Nous parlons beaucoup, échangeons des idées, des projets, comparons nos résultats. Il m'a apporté de la même façon que j'ai pu lui apporter." (L'Equipe - 08/03/1996)
"Ca me dérange que le président de l'UCI, Hein Verbruggen, fasse de l'EPO son cheval de bataille. (...) Résultat, le grand public s'imagine que le cyclisme est le seul sport où l'EPO existe alors que des athlètes, des skieurs, des nageurs, des marathoniens ou des footballeurs l'utilisent." (Vélo Magazine, juillet 1996, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans son Dictionnaire du dopage, page 481.
1998
A propos de l'action de la justice dans l'affaire Festina : "La France est le pays de la honte" (Le procès du Tour - Fabrice Lhomme - Editions Denoël - 2000)
1999
"Le milieu cycliste français est crispé sur le dopage. Mais ce n'est pas que le milieu, c'est tout le pays. Vous donnez des leçons à tout le monde, mais vous feriez mieux de vous regarder de plus près : vous êtes les champions de l'automédication." (Libération - 17-18/04/1999)
"Vous croyez que des coureurs comme Museeuw, Bartoli, Boogerd, ont besoin de dopage pour bien marcher ? Vous vous trompez, ce sont les petits coureurss qui ont recours au dopage pour essayer de s'élever à leur niveau." (Libération - 17-18/04/1999)
"Le fameux contrôle longitudinal de la France n'a pas pour but de protéger la santé des coureurs. C'est simplement une persécution. Et ça, je ne peux pas l'accepter." (La Dépêche - 21/04/1999)
A propos de Christophe Bassons : "Il n'avait pas à insulter le peloton et son directeur sportif. C'est quoi son palmarès ? Il s'est montré comme l'exemple du coureur propre, alors que le seul vrai exemple pour le peloton français se nomme Laurent Jalabert." (Libération, 22/07/1999)