Actualité du dopage



2002, l'idylle avec Landis

11/10/2012 - lequipe.fr


Suite au départ de Tyler Hamilton de l'US Postal, Lance Armstrong s'appuie sur Floyd Landis pour remporter son quatrième Tour de France. Il l'initie à tout, notamment au dopage.

Lance Armstrong a décidé de faire de Floyd Landis, arrivé à l'US Postal en 2001, l'un de ses lieutenants. La majeure partie de la préparation du Tour 2002 (comme d'ailleurs les Tour 2003 et 2004) s'est faite avec Landis qui était le grimpeur sur lequel il pouvait s'appuyer lors des étapes de montagne.

Pendant les trois années durant lesquelles ils furent proches, «à se faire confiance et s'aimer» comme dit Armstrong, Landis et Armstrong partageaient l'entraînement, les courses, les soirées et le dopage. Comme l'ont confirmé beaucoup de témoins, Armstrong avait donné les clefs de son appartement à Landis qui surveillait les poches de sang d'Armstrong pendant son absence. Ils partageaient les conseils de Michele Ferrari en matière de dopage, et quand Floyd avait besoin d'EPO Lance partageait aussi.

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En 2002, lors d'un stage d'avant-Tour dans les Alpes, Floyd Landis commence à travailler avec le Dr Ferrari, qui lui prend à ce moment-là un demi-litre de sang. Le médecin italien collabore alors avec l'équipe et, comme l'année précédente, il est présent à Austin lors du premier stage de la saison. (...) Preuve de l'engagement de Ferrari auprès d'Armstrong, en 2002, sa société suisse, Health et Performance, reçoit 150 000 dollars de la part d'Armstrong.

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Floyd Landis raconte qu'en juin 2002, peu après le Dauphiné, Armstrong lui a donné, dans son appartement de Saint-Moritz (Suisse), un paquet de patches de testostérone. George Hincapie assure être au courant qu'Armstrong utilisait de la testostérone durant toutes les années où ils étaient équipiers.

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Durant la saison 2002, Lance Armstrong explique à Landis comment utiliser l'EPO et pourquoi le dopage sanguin est nécessaire pour contrer les contrôles anti-EPO. Il a prêté son appartement pour la première transfusion sanguine de Landis par Michele Ferrari. Armstrong se trouvait dans l'appartement lors de cette transfusion et était au courant de ce qu'il se passait. Lors du Tour de France 2002, Floyd Landis fut témoin de la réinjection du propre sang d'Armstrong la veille d'un contre-la-montre individuel. Et Armstrong dit alors qu'il a une seconde poche de sang pour la deuxième semaine. George Hincapie était également au courant.

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Après sa quatrième victoire dans le Tour, Armstrong, de retour à Gérone, convoque Christian Vande Velde. Quand ce dernier arrive, Ferrari est là. Vande Velde comprend qu'il s'agit de parler de ses manquements dans le suivi du programme préparé par le Dr Ferrari. Armstrong explique alors à Vande Velde que s'il veut continuer à faire partie de l'équipe US Postal, il «doit prendre ce que (lui) dit de prendre le Dr Ferrari et suivre le programme du Dr Ferrari à la lettre». Selon Vande Velde «la conversation ne laissait aucun doute : si je voulais continuer avec Armstrong il fallait que je suive le programme de dopage de Ferrari». (...)

Vande Velde franchit alors un cap dans le dopage et prend les produits prescrits par Ferrari, dont régulièrement de l'EPO et de la testostérone. Le comportement d'Armstrong (le fait qu'il ait poussé Vande Velde à prendre des produits, les menaces proférées contre lui et le fait de se poser en exécutant des plans de dopage de Ferrari) est une violation de l'article 2.8 du Code mondial antidopage qui interdit «l'encouragement, l'aide ou l'incitation à violer une loi antidopage».

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Cette page a été mise en ligne le 20/10/2012