Dossier dopage



L'AMA fête ses dix ans

30/11/2009 - ladepeche.fr

Extraits

Née il y a dix ans dans les soubresauts de l'affaire Festina, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a réussi à imposer les mêmes règles pour tous les sportifs quels que soient leur discipline et leur pays, mais peine aujourd'hui à sanctionner les cancres de la lutte antidopage.

A la fin des années 90, pour un contrôle positif au même stéroïde anabolisant, la nandrolone, des joueurs brésiliens de water-polo étaient suspendus quatre ans, un judoka français quinze mois et une joueuse de tennis américaine s'en sortait sans aucune sanction. Chaque fédération internationale, chaque pays avait ses propres règles, donnant lieu à des différences aberrantes de traitements des cas.

En juillet 1998, le scandale Festina (...) montra à quel point les pratiques pouvaient être bien organisées et combien le système de contrôles était lui inadapté. Pour s'attaquer à un fléau en train de gangrener le sport, la nécessité de mettre en place une agence indépendante, alliant instances sportives et pouvoirs publics, devint évidente.

Le Comité international olympique (CIO) (...) parvint à rallier les Etats lors d'une grande conférence sur le dopage en février 1999 à Lausanne, qui déboucha sur la fondation de l'AMA le 10 novembre suivant.

En dix ans, l'Agence, qui siège à Montréal, s'est attelée à harmoniser les règles, procédures et sanctions. Avec le Code mondial antidopage, entré en vigueur en 2004, elle a fixé ainsi les conditions d'un jeu propre.

Si la Fifa (football) et l'UCI (cyclisme) ont traîné des pieds avant de s'y rallier, le Code est désormais un instrument juridique fondamental reconnu par plus de 60 fédérations internationales et près de 140 pays.

(...)

Certaines mesures ont été jugées trop contraignantes ou trop intrusives par ceux qui les subissent, comme celle obligeant les sportifs d'élite à fournir leur agenda quotidien des trois prochains mois, afin de pouvoir être localisés pour des contrôles inopinés.

« C'est l'essence même du sport d'avoir des règles du jeu. C'est presque comme un contrat social. Si vous participez, vous devez respecter les règles », souligne Dick Pound, qui fut le premier président de l'AMA.

L'Agence, qui marquera son anniversaire en délocalisant la réunion de ses instances dirigeantes mardi et mercredi prochains à Stockholm, sait la tâche encore longue.

« En finir avec le dopage et la tricherie dans le sport est presque aussi vain que déclarer la fin de la criminalité », rappelle Jacques Rogge, le président du CIO. « Mais cette bataille vaut la peine d'être livrée et c'est une lutte dans laquelle il me semble que nous gagnons du terrain ».

Le nombre de contrôles antidopage - l'AMA n'en fait aucun - n'a cessé de progresser, passant d'environ 150.000 en 2003 à près de 275.000 en 2008. Le pourcentage de cas positifs, inférieur à 2 %, laisse cependant sceptiques les experts au sein même de l'AMA sur la réelle prévalence du dopage.

« Il y a encore trop d'athlètes qui peuvent se doper allègrement durant les saisons mortes », déplore Christiane Ayotte, directrice du laboratoire antidopage de Montréal (...).

« Encore trop souvent dans les fédérations ou les gouvernements, les personnes qui s'occupent de la gestion des contrôles, n'ont aucune notion de l'antidopage », insiste Mme Ayotte, qui voit là « un problème criant ».

L'Agence avait bien examiné l'an dernier un rapport pointant du doigt les fédérations et pays qui ne respectaient pas les règles du Code mondial, mais elle a préféré reporter à plus tard leur condamnation sur la place publique.

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Cette page a été mise en ligne le 30/11/2009