Actualité du dopage



2005, mensonges et malaise

11/10/2012 - lequipe.fr


Face aux agents de l'Agence américaine antidopage (USADA), Levi Leipheimer se souvient qu'en « 2006 ou 2007, George Hincapie (lui) avait raconté qu'en 2005, Lance Armstrong n'avait utilisé qu'une seule poche de sang sur le Tour de France ». Pour l'USADA, qui a transmis son rapport d'enquête sur Armstrong à l'Union Cycliste internationale (UCI), mercredi, Hincapie n'avait aucune raison de mentir à son compatriote, surtout au sujet d'un champion alors retiré du peloton. Les enquêteurs de l'agence en sont d'autant plus convaincu qu'Hincapie leur a confirmé l'existence de cette pratique : « De mes conversations avec Lance et de mon expérience avec lui et l'équipe, je suis au courant qu'il a utilisé les transfusions de 2001 à 2005. » Hincapie évoque aussi l'usage d'EPO : « Peu avant le Tour 2005, j'étais en manque d'EPO et j'ai demandé à Lance s'il pouvait m'en fournir. Il m'a dit qu'il pouvait et m'a donné deux ampoules. »

Après le Tour 2005, (...) Armstrong regagne les Etats-Unis sans passer par sa résidence espagnole de Gérone. Hincapie raconte que Johan Bruyneel, le directeur sportif de Discovery Channel, lui demande alors « de passer dans l'appartement de Lance et de vérifier dans les placards qu'il n'y reste rien ». Selon Hincapie, Bruyneel « voulait s'assurer qu'il ne restait pas de produits dopants », et pour les enquêteurs américains, cette requête de Bruyneel induit que le manager belge savait que son leader améliorait ses performances illicitement en 2005.

(...)

Hormis Bruyneel, l'USADA est convaincue que Michele Ferrari est également compromis. Si Armstrong a juré devant le monde entier, le 1er octobre 2004, qu'il ne travaillerait plus avec le médecin italien, l'agence antidopage dispose d'éléments qui prouvent le contraire. George Hincapie, Levi Leipheimer et Tom Danielson ont tous les trois admis que Ferrari leur prodiguait, en 2005, des conseils d'optimisation dans l'utilisation des substances prohibées. Danielson raconte que cette année-là, il a effectué des tests auprès du Dr Ferrari en compagnie de Lance Armstrong à Gérone : « On a fait une sortie de trois heures, puis on a recommencé et Michele nous a piqué les doigts pour vérifier nos taux de lactate et d'autres paramètres ».

En réalité, il n'y a rien d'illicite dans la relation entre Armstrong et Ferrari. « Mais alors, pourquoi a-t-il eu besoin de mentir sur ce sujet ? questionne l'USADA. S'il n'y a rien à cacher, il n'y a pas besoin de le cacher et certainement aucune utilité à mentir régulièrement à ce sujet ».

Le versement, le 29 mars 2005, de 100 000 dollars sur un compte suisse de Ferrari de la part de l'Américain, le fait que le même mois Armstrong ait présenté Ferrari à Leipheimer et que Lepheimer ait alors reçu immédiatement des conseils sur la façon de se doper de la part du médecin italien, incitent l'USADA à douter de la bonne foi d'Armstrong.

Lire l'article en entier

Aller plus loin

Article suivant : 01/06/2013 - Tour de France 2005 : les seringues de Gérardmer
Article précédent : 24/04/2012 - Un masseur accuse Alberto Contador de dopage à l'insuline



Cette page a été mise en ligne le 20/10/2012