Dossier dopage



AFLD : « On ralentit certains mais on n'arrive pas à les confondre. »

10/06/2014 - cyclisme-dopage.com - Stéphane Huby

A l'occasion de la publication de son rapport d'activité 2013, l'AFLD tenait aujourd'hui une conférence de presse.

Le Président de l'Agence, Bruno Genevois en a profité pour revenir sur les conclusions du rapport sénatorial de l'été 2013. Il ne partage pas la vision des sénateurs qui proposaient de retirer aux fédérations sportives la responsabilité des contrôles pour les confier à l'agence afin d'éviter tout conflit d'intérêt : "sur la période 2007-2013, explique Bruno Genevois, l'AFLD n'a repris les dossiers que dans 30% des cas. Cela veut dire que dans 70% des cas les fédérations font correctement leur travail". En revanche, Monsieur Genevois soutient l'idée des sénateurs consistant à attribuer une part de la taxe "Buffet" à l'AFLD sur les droits de retransmission.

Le Président s'est félicité que la subvention 2014 accordée par l'Etat à l'Agence soit maintenu au niveau de 2013, mais a souligné que le gel de 7% de cette somme, décidé en début d'année, pourrait avoir une incidence notable sur l'activité de l'AFLD. L'année passée celle-ci avait dû réduire ses effectifs de 5%. Hormis pour le dopage animal, le nombre de contrôle n'avait pas été affecté. Il pourrait en être différemment à l'avenir.

En 2013, le cyclisme a été le sport le plus contrôlé (1732 contrôles urinaires et 263 contrôles sanguins), devant l'athlétisme (1472 contrôles urinaires et 137 contrôles sanguins). 1,9% se sont révélés anormaux.

Interrogée sur son incapacité, depuis 2008 (Kohl, Ricco, Schumacher...), à épingler de grosses têtes d'affiche, les responsables de l'AFLD se veulent rassurants et misent beaucoup sur le passeport biologique mis en place par la loi du 12 mars 2012 et effectif depuis quelques mois. "Les témoignages que j'ai pu recueillir de divers intervenants et les discussions que j'ai avec le responsable de l'OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique), le colonel Manin, montrent quand même un recul du dopage organisé tel qu'on avait pu le connaitre malheureusement dans certaines disciplines, dans les années 90 par exemple, rassure Bruno Genevois. La pression est incontestablement plus forte et le colonel Manin disait fort justement : "maintenant, on sait qu'en France on ne rigole pas". Je crois qu'on a marqué incontestablement des points." Sur le même sujet, Jean-Pierre Verdy, Directeur du Département des contrôles ajoute : "On voit ceux qui trichent mais pour arriver à matérialiser et prouver qu'ils trichent c'est très compliqué parce que c'est très fin et plus on monte dans le haut niveau, plus ça devient compliqué pour nous. Le profil biologique nous permet de voir mais après il faut confondre. On le voit avec le travail qu'on fait sur le Tour de France, Paris-Nice ou actuellement le Dauphiné. On a accès à une partie des interprétations du passeport de l'UCI. On ralentit certains mais on n'arrive pas à les confondre. La seule chose qu'on sait, c'est qu'on leur impose de ne pas dépasser certains niveaux. Mais ce n'est pas satisfaisant."

L'AFLD a également confirmé qu'une convention relative à l'échange des données du profil biologique est en cours de signature avec l'UCI.




Cette page a été mise en ligne le 10/06/2014