Actualité du dopage



Jeannie Longo attaque l'Agence de lutte contre le dopage et lui réclame un million d'euros

02/12/2013 - lavoixdunord.fr - ALP (Agence Locale de Presse)


La championne cycliste conteste son inscription sur la liste des sportifs les plus surveillés par l'Agence française de lutte contre le dopage. Elle lui réclame en outre plus d'un million d'euros de dommages et intérêts.

(...) Jeannie Longo sillonne de plus en plus les couloirs des palais de justice. Hier, c'est devant le Conseil d'État, à Paris, que la sportive faisait parler d'elle. Il s'agissait pour la plus grande championne de l'histoire du cyclisme féminin de contester une nouvelle fois, par le biais de deux questions prioritaires de constitutionnalité, son inscription par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) dans le « groupe cible », cette liste de sportifs placés sous haute surveillance par l'agence. Mme Longo contestait également le rejet par l'AFLD en décembre 2012, du paiement de plus d'1,1 million d'euros de dommages et intérêts réclamée par la championne en réparation du préjudice engendré selon elle par la révélation dans la presse de sa soustraction à plusieurs contrôles antidopage en 2011. L'affaire, combinée à la mise en examen de son mari et entraîneur Patrice Cipelli (confirmée le 7 novembre dernier par la Cour de cassation) pour avoir acheté de l'EPO sur Internet, avait considérablement entaché la réputation de Jeannie Longo. Elle avait aussi perturbé les affaires de la SA Jeannie Longo International, en charge des intérêts de la cycliste.

Il revenait donc hier au rapporteur public devant le conseil d'État de répondre à trois questions distinctes : celle de l'inscription de Jeannie Longo dans le groupe cible de l'AFLD en 2012, de la reconduction de cette inscription en 2013 et enfin du réexamen du préjudice subi en raison du battage médiatique qui en avait résulté.

Le rapporteur public Xavier Domino a livré son analyse concernant la divergence de vues constatées entre l'AFLD et Jeannie Longo sur le suivi dont fait l'objet la sportive.

Pour la défense de Mme Longo, l'inscription sur la liste du groupe cible porterait atteinte à la vie privée de la championne et remettrait en cause la protection de ses données personnelles. Il est vrai que les dispositions appliquées aux sportifs du groupe cible sont contraignantes : ils doivent communiquer à l'AFLD, avec quinze jours d'avance, les données permettant de les localiser chaque trimestre, admettre le principe de contrôles effectués en dehors des périodes de compétition et accepter que ces contrôles puissent être effectués à leur domicile. (...)

Le rapporteur public a demandé aux magistrats du Conseil d'État de rejeter les requêtes formulées par la championne. La défense de cette dernière a contesté cette analyse, faisant par ailleurs valoir que l'AFLD, en cumulant les pouvoirs de contrôle et de sanction, ne respectait pas les règles de cloisonnement nécessaires à une justice équitable.

Le Conseil d'État rendra sa décision dans les semaines à venir.

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Cette page a été mise en ligne le 02/12/2013